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Le blog d'Émy

« Le Bruit des Glaçons » de Bertrand Blier

11 Septembre 2010, 14:05pm

Publié par Émy

Bonjour !

Il y a un moment que je ne savais plus vraiment qu’écrire sur ce blog ! Il est vrai que j’aurais pu faire la critique de « Prince of Persia » que j’ai vu à sa sortie, mais je dois avouer que je ne savais vraiment pas quoi dire à propos de ce film. Peut-être me rattraperai-je d’ici peu, mais je dois pour cela le re-visionner.

Trèves de bavardages, je rédige aujourd’hui cet article à propos d’un film visionné hier soir : « Le Bruit des Glaçons ».

À la vôtre !

Le-Bruit-des-Glaçons-Affiche-France

Le film

Réalisateur / Scénariste / Dialoguiste : Bertrand BLIER
Producteur exécutif : David Poirot
Producteurs : Christine GOZLAN ; Catherine BOZORGAN
Sociétés de production : Manchester Films | Thelma Films | Arte France cinéma
Pays : France
Année de production : 2010
Date de sortie : 25 Août 2010
Genre : Comédie dramatique
Distributeur : Wild Bunch
Durée : 1h27min
Site officiel : http://www.lebruitdesglacons.com
Acteurs / actrices (par ordre d’apparition) :
Albert DUPONTEL : Le cancer de Charles
Jean DUJARDIN : Charles Faulque
Anne ALVARO : Louisa
Christa THERET : Evguenia
Myriam BOYER : Le cancer de Louisa
Audrey DANA : Carole Faulque
Geneviève MNICH : La mère d’Evguenia
Émile BERLING : Stanislas Faulque

Blier-Dujardin-Dupontel

Synopsis :

« C’est l’histoire d’un homme qui reçoit la visite de son cancer. « Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance… »  
[Ça a le mérite d’être clair, net et concis !]

 

L’histoire :

Charles Faulque est un écrivain à qui plus rien ne réussit : il n’a pas écrit une ligne depuis des lustres, sa femme l'a quitté en emmenant son fils et il est alcoolique au dernier degré. Un point positif tout de même : il vit avec une jeune et « jolie » russe, en bon « vieux libidineux » qu’il est, et est servi par une servante dévouée.

Christa THERET

C’est alors qu’il reçoit une visite tout à fait inattendue d’un homme qui se présente comme étant son cancer. Je n’ai pas besoin de répéter le synopsis à ce stade de mon résumé, n’est-ce pas ? Il va donc falloir qu’en plus de tout le reste, Charles affronte cette « emmerde » supplémentaire.

Seulement, il n’est pas seul à devoir faire face à cette épreuve : sa femme de service, Louisa reçoit aussi la visite de son cancer, et Louisa se révélera être bien plus dévouée et proche de Charles que ce qu’il aurait pu s’imaginer, lui qui se croyait définitivement seul.

 

Mon avis :

Il y a un moment que j’ai envie de voir ce film. D’une part, parce que j’ai eu comme une sorte de coup de foudre pour l’affiche et c’est suffisamment rare pour être souligné ! Et bien entendu, ma bande-annonce a bien fait son boulot de promotion.

Un petit bémol cependant, ma sœur m’a rapporté qu’une critique avait trouvé la fin « niaise ». C’est donc avec un enthousiasme mêlé d’inquiétude que je me suis rendue dans mon cinéma.

 

Un film drôle ?!

Si vous avez vu la bande-annonce (vous pouvez la visionner sur le site officiel), on pourrait avoir l’impression que ce film, bien que traitant d’un sujet grave, est plutôt enjoué et drôle. Or, ce n’est pas vraiment le cas.

Passées les premières minutes, j’ai passé pas mal de temps à attendre LA scène ou du moins, la phrase qui me fera hurler de rire. Et pour tout dire, je l’attends encore… Je ne sous-entends pas que je n’ai pas ri du tout ; j’ai souvent souri, j’ai aussi eu pas mal d'éclats de rires, mais bien moins que ce que j’espérais.

En fait, j’ai trouvé l’atmosphère du film particulièrement pesante, voire dérangeante. J’ai très vite eu l’impression qu’après les premières scènes, il n’y a plus eu aucun effort de fait pour garder l’aspect « comédie » du film, pour ne garder que le côté « dramatique ».

dupontel

Une lente descente aux enfers

Dans le film, dès que la nuit est tombée, celui-ci se vautre littéralement dans le pathétique. À part les « cancers », tous les personnages le deviennent. On ne sait plus du coup s’il faut rire ou fondre en larmes. J’exagère un peu, certes, mais c’est quand même plus ou moins ce que j’ai ressenti.

L’autre problème que j’ai trouvé à ce film est qu’il y a un certain nombre de scènes (de sexe notamment) tout à fait inutiles et difficilement justifiables, à moins que l’on admette que sexe=vie/vitalité, ou une connerie du genre.

 

Du bon et du moins bon

Pour en revenir aux personnages, j’ai été enchantée par le duo Dupontel-Dujardin. Je les ai trouvé excellents tous les deux. D’ailleurs, il n’y a qu’eux qui sont drôles ; les autres sont tous –sans aucune exception– sinistres. Albert Dupontel est parfait dans le rôle du mec à la fois jovial et sournois et Jean Dujardin est très convaincant en écrivain ravagé par l’alcool, la maladie et la déchéance.

le-bruit-des-glacons 05

D’ailleurs, tout comme Charles Faulque, on a presque envie de s’attacher au personnage du cancer (J’admets avoir presque été triste de le voir partir), qu’il croira un moment être sa seule compagnie et qui finalement lui permet, malgré lui, de s’apercevoir qu’il n’est pas aussi seul qu’il se l’imaginait.

J’ai aussi pas mal apprécié le duo secondaire que forment Anne Alvaro et Myriam Boyer. Non, en fait, je n’ai bien aimé que Myriam Boyer. Heureusement qu’elle était là pour sauver le couple parallèle cancer-malade de l’ennui !

Cependant, j’ai été un peu moins convaincue par les autres acteurs ; j’ai même été agacée quelques fois. J'ai été soulagée de voir partir Christa Theret dès qu’elle est devenue définitivement inutile dans le film ; déjà que son utilité –si ce n’est pour sa paire de seins–  n’était pas super évidente au début… La vulgarité et la vacuité de son personnage me devenait insupportable de minute en minute.

Tout n’est pas à jeter pourtant dans ce film. J’ai bien aimé la façon dont les flashbacks ont été traités. Ils m’ont un peu fait penser à mon livre favori, où le présent et le passé se confondent sans que la continuité du récit n’en soit perturbée.

 

Mais où est-ce que tout cela va nous mener ?

Je crois que c’est une question qui s’est très vite posée lors de l’écriture du scénario, et ça a fini par transpirer à l’écran.

Blier

Comme je l’ai évoqué, le film change de ton et d’ambiance dès la première nuit tombée, si bien qu’au bout d’un moment, on ressent presque du soulagement lorsqu’arrive le moment où l’on s’autorise à sourire et encore plus lorsque l’on se met à rire.

Au-delà de ça, on se demande quand même comment tout va se terminer et c’est avec stupeur que l’on voit arriver la pirouette scénaristique qui achève le film. Je ne saurais mieux exprimer ce que j’en ai pensé qu’en paraphrasant Guillaume Loison de Chronic’art qui disait que « Blier recoure à un subterfuge grossier, invraisemblable même à l’intérieur de son programme fantastico-allégorique où les cancers sont des personnes ».

Et ce n’est d’ailleurs pas tout à fait la seule invraisemblance que j’ai relevé dans ce film : si seules les personnes qui aiment le malade voient le cancer, pourquoi a-t-on l’impression que l’agent immobilier (dans LA scène la plus inutile du film) répond-elle à Dupontel quand il lui parle ?

Peut-être que mon impression est erronée, mais j’ai été frappée par ce détail.

 

Un beau gâchis

Pour finir ma chronique, je dirais que malgré une légère déception concernant l’ensemble du film, j’ai pu trouver quelques bons moments.

Seulement, je pense que « Le Bruit des Glaçons » méritait réellement un bien meilleur traitement, un scénario bien mieux maîtrisé et même un peu plus d'audace dans l'humour.

 

Conclusion : Dupontel et Dujardin ont, à mes yeux, sauvé le film de la catastrophe.

Commenter cet article

bulle 05/11/2010 00:28



mais de rien c'est sincère...



bulle 19/10/2010 20:11



excellent ce blog! je découvre un monde qui ne m'est pas familier!!! Et une personne sincère qui à une vie simple t pourtant riche de découvertes!! bravo



Émy 04/11/2010 21:18



Merci infiniment ! Ça me touche beaucoup.